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Blog de l'A.S.A.P.P.

Comprendre la Santé Mentale : La prévention primaire psychique profane

Comprendre la Santé Mentale : La prévention primaire psychique profane

Les décompensations des jeunes avec des symptômes visibles, pouvant mener à des troubles identifiés, arrivent après des souffrances psychiques, le plus souvent camouflées à leur entourage familial.

En amont il a existé des compensations, dues à différentes causes. Ces compensations peuvent avoir un impact négatif sur la construction du cerveau du très jeune enfant, entrainant des décompensations à l’adolescence. Les premiers signes peuvent être un appel au secours, que nous ne voyons pas et que nous avons tendance, à banaliser, ce qui est dangereux. 

La prévention primaire doit concerner en priorité l’environnement de proximité et pour le psychisme, cela commence très tôt dans l’intimité familiale, dès le périnatal : une Prévention profane psychique* et physique associée.  

Nous sommes dans un pays où la médecine est performante, centrée sur le soin, et où notre prévention biologique primaire profane, celle des familles existe. Nous savons consulter un médecin traitant si besoin, proposer des consultations obligatoires pour les premiers âges, une prévention des troubles neurologiques pour les bébés et les enfants.

C’est plus compliqué pour la prévention psychique primaire.

Pourquoi ne pas envisager de bobologie en santé psychique comme en santé physique ?

Pour les soins physiques toute une prévention de protection et de soins primaires naturels, est transmise de génération en génération. Une brulure qui n’est pas soignée même si elle n’est pas grave, peut s’infectée. Une foulure de votre cheville qui n’est pas soignée, peut des années après, provoquer une faiblesse invalidante.

Si notre prévention ne nous paraît pas suffisante nous nous adressons à un généraliste qui peut nous envoyer chez un spécialiste formé à ce mal particulier.

Il devrait en être de même pour les petites blessures psychiques, qui aujourd’hui ne sont pas soignées.      

Pour les soins psychiques nous ne sommes pas formés à cette première prévention primaire de proximité. Donc si nous sommes inquiets sur un trouble léger de notre proche ou de notre enfant, nous consultons un professionnel, ils nous disent : ce n’est pas grave. Donc si le trouble se développe nous allons directement chez un spécialiste psychiatre formé à toutes les maladies, mais avec des méthodes différentes des médecins généralistes que nous avons l’habitude de consulter, et avec un langage spécifique, incompréhensible, souvent traumatisant pour le grand public au sein d’un lieu d’accueil tout aussi traumatisant.

Nous n’avons pas intégré le suivi psychique de nos enfants. La constatation d’un mal être arrive trop souvent tardivement, il faut attendre les symptômes visibles pour qu’ils aillent consulter.  

Et pourtant une fois acquises quelques habilités sur le psychisme nous permettraient de veiller sur la bonne santé psychique de nos proches.

 

*Prévention primaire profane de proximité : celle qui intervient pour éviter l’arrivée d’une pathologie, donc essentiellement selon les âges, celle des parents, des familles et des proches. Les décompensations psychiatriques ont pour cause des compensations inconscientes qui proviennent de souffrances invisibles, dès l’enfance et souvent avant la maturité du cerveau. Dans ce contexte, il conviendrait de sensibiliser les parents à l’approche systémique, environnementale de leur enfant, très loin des réponses clés en main qu’ils attendent de la biologie.

La prévention profane se différencie des soins profanes qui recherche le diagnostic. Hilary Graham, sociologue, a abordé l’ensemble du travail sanitaire profane dans la famille : « la plus grande partie de ce que font les parents pour leurs enfants, est un travail pour la santé. Aujourd’hui ce travail doit être différent de celui avec lequel nous avons été formés.  Nous devons expliquer aux parents qu’ils doivent se sensibiliser un minimum pour aborder les fonctionnements psychiques. Très peu de familles prennent soin de leur propre développement psychique, difficile pour elles, de comprendre celui de leurs enfants ou de leurs proches. » 

 

Photo de Priscilla Du Preez 🇨🇦sur Unsplash