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Le lien sécure

Un déni scientifique :  celui de l’attachement, et du lien sécure

13559413 sLa souffrance psychique invisible. Pourtant, ce déni scientifique est probablement l’une des causes majeures de l’apparition des troubles psychiques et de l’auto-stigmatisation de la santé mentale.

 Aujourd’hui, nous assistons à un déni inquiétant concernant la prise en compte du premier environnement sensoriel et affectif du bébé, du déni du continuum de souffrances et de la genèse des troubles.

 Nous vivons dans un déni collectif quant à l'importance du premier environnement sensoriel du bébé. Le neuropsychiatre Boris Cyrulnik avance une hypothèse sérieuse : les troubles affectifs précoces peuvent altérer durablement le développement d’un enfant. Des études d’imagerie cérébrale confirment aujourd’hui que les privations affectives provoquent des modifications du cerveau.

Prévenir ces souffrances dès la petite enfance — voire dès la naissance — devrait être une priorité. Mais où en sommes-nous réellement ? Les découvertes en neurosciences confirment l’importance cruciale du lien d’attachement et des interactions précoces dans la maturation du cerveau.

Mais les recherches scientifiques actuelles, issues des sciences dures, se concentrent souvent sur l’analyse du symptôme après son apparition. Ce qui n’est pas performant pour les enfants. Les enfants doivent être soignés et guérit Les recherches en neurosciences s'appuient sur des méthodes rationnelles et quantitatives.   Elles observent l’état psychique à un instant donné, mais elles ne caractérisent pas les processus psychiques intérieurs qui conduisent progressivement à la souffrance puis à la maladie, processus qu’il serait pourtant crucial de comprendre pour les prévenir

C’est à la naissance que le cerveau social (amygdale, cortex préfrontal, cingulaire, hippocampe) se développe à travers les échanges émotionnels : expressions faciales, tonalités de voix, contacts physiques.
Quand ces échanges sont carencés ou incohérents (inconstance émotionnelle, négligence, ou froideur relationnelle), le cerveau de l’enfant se structure sur la base de l’incertitude, favorisant ultérieurement anxiété, dissociation ou mécanismes psychotiques.

  L'adulte, souvent enfermé dans le langage verbal, oublie la richesse du vécu sensoriel du bébé. Quand ensuite l'enfant commence à parler dans un environnement qui ne comprend pas ses besoins profonds, il apprend à se construire un « faux soi » pour s'adapter et survivre. Chez l’enfant, des souffrances affectives non reconnues — rejet, froideur, insécurité, ou accidents de l’attachement — provoquent des stratégies de survie psychique : refoulement, sur-adaptation, construction d’un “faux self” (notion de Winnicott).
Ce processus permet à l’enfant de s’ajuster à un milieu familial, des difficultés d’ordre différent : deuil ; maladie , conflit familiaux et beaucoup d’autres raisons  qui l’ont fragilisé    mais au prix d’une inconscience progressive de sa propre souffrance. Ce “faux équilibre” devient source de tension interne, jusqu’à la décompensation (apparition de troubles anxieux, somatiques, schizophréniques ou borderline). en général à l’adolescence.


 

Déceler cette construction défensive, exige toute la finesse et l'expertise du pédopsychiatre

  Alors que l’on investit massivement dans les traitements médicamenteux ou les recherches neurobiologiques post-symptômes, très peu de moyens sont dédiés à la prévention affective et sensorielle du développement.
Les troubles sont détectés quand ils deviennent visibles — souvent à l’adolescence — mais le parcours psychique pathogène s’est joué bien avant, dans les toutes premières expériences de vie.
Cela explique l’errance psychique et psychiatrique” que connaissent de nombreux jeunes, dont la souffrance initiale n’a pas été reconnue.

La notion de continuum est très importante : la psychose ne surgit pas comme un événement brutal, mais comme l’aboutissement d’un long processus d’adaptation émotionnelle.
Lorsqu’un enfant ne se sent ni compris ni sécurisé, il développe des stratégies de survie telles que le faux self, le repli ou une adaptation excessive. Ces mécanismes lui permettent de tenir, mais génèrent une souffrance silencieuse. Nombre d’enfants cachent leurs fragilités pour protéger des parents déjà en difficulté. Ce processus de compensation, long et éprouvant, peut à l’adolescence se transformer en décompensations, se traduisant par des troubles du comportement, un échec scolaire, une dépression, des scarifications ou des tentatives de suicide. Beaucoup d’enfants dissimulent leurs fragilités pour protéger leurs parents en difficulté

Les premiers signes sont fréquemment des appels au secours, repli, agitation, troubles du sommeil, anxiété, irritabilité. Ces signaux sont souvent banalisés minimisés.

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Contrairement à une idée répandue, le cerveau n’est pas une machine rigide. Sa plasticité lui permet de s’adapter, mais cette adaptabilité le rend aussi vulnérable. La vulnérabilité des uns et des autres peut être différente au sein d’une même fratrie. Un évènement, des évènements, qui passent inaperçus pour tous, peuvent crée un ressenti traumatisant pour un bébé.  Lien Carveau .

 Certains enfants plus fragiles que d’autres ressentiront de façon exacerbée :  des traumatismes précoces, des carences affectives, des environnements insécurisants pouvant laisser des traces durables, parfois invisibles, qui se manifesteront plus tard sous forme de troubles psychiques.

On sait qu’un bébé a besoin d’au moins une figure d’attachement stable et sécurisante durant ses premiers mois, afin de favoriser pleinement son développement. L’attachement est devenu un concept-clé pour garantir la sécurité affective de l’enfant et favoriser son épanouissement. L’enfant doit grandir en étant sécurisé.

 

Pour aller plus loin, plusieurs ressources accessibles sur YouTube :

 


 

Mal être mère enfant

Il est temps de dépasser l’explication freudienne culpabilisante qui a tant traumatisé les mères d’enfants en difficulté psychique. Cette approche a aussi contribué à ce que ces enfants masquent leur souffrance, ne voulant pas ajouter un poids supplémentaire à des parents déjà en souffrance.

 Les risques majeurs surviennent lorsque l’attachement est insuffisant : l’affection reçue ne correspond pas aux attentes de l’enfant, ou des traumatismes et émotions restent invisibles aux yeux des parents, empêchant ainsi un échange affectif véritable. Plus tard, si ces troubles persistent et ne peuvent être apaisés par des méthodes éducatives classiques – y compris celles basées sur la répression ou l’humiliation –, l’enfant, puis l’adulte, seront poussés à consulter des spécialistes. Ces professionnels, souvent formés à une approche standardisée des troubles, utilisent un langage spécifique, parfois difficile à comprendre, et les lieux d’accueil peuvent paraître eux aussi frustrants, voire traumatisants.

 L’attachement ne s’exprime pas seulement au niveau individuel : il conditionne aussi la capacité de l’enfant à développer des relations sociales harmonieuses. Cette évidence soulève une question essentielle : pourquoi ne pas généraliser une prévention psychique de premier niveau, accessible à tous, au même titre que la prévention physique ?

 

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Le début du mal être mère- enfant.  

  Nous avons essayé de comprendre pourquoi personne n’en parle ?  Une des principales raisons étant que certains psychanalystes ont culpabilisé les mères, ce qui était un procès réducteur et dangereux. Trop, de mères sont en souffrance pour de multiples raisons, elles sont dépendantes de leur propre environnement, mais également de transmissions ou d’hérédités difficiles. Nombreuses sont celles qui n’ont pas eu à leur naissance l’attachement sécure. Ce déni trouve donc son origine dans une incompréhension historique, notamment avec ce qu’on a appelé « le procès des mères ». Cela a été injuste et contre-productif, car de nombreuses mères souffrent déjà de multiples difficultés, souvent liées à leur propre environnement, à des transmissions familiales douloureuses ou à des héritages émotionnels complexes. Parfois, ces femmes ont elles-mêmes manqué d’un lien sécurisé à leur naissance. D’autres ont traversé un moment traumatique au moment de l’accouchement, causé par un deuil, une séparation, des conflits familiaux ou bien d’autres épreuves.

Et puis au moment de la naissance, Il y a tellement de raisons factuelles extérieures, que les mères ne peuvent pas exposer, soit qu’elles n’en n’ont pas conscience, soit qu’elles se les cachent, soit que tout simplement elles n’ont personne à qui en parler, et depuis trop longtemps.  Et c’est un état de fait, impossible de les culpabiliser bien au contraire, plutôt nous obliger à une réflexion sur ce qu’il serait possible de mettre en place, pour les aider dans leurs souffrances. Il est désormais prouvé, par l’image médicale, que les privations affectives provoquent des altérations cérébrales. En effet une mère qui traverse, au moment de la naissance, un traumatisme important, est-elle en situation psychique favorable pour créer un lien sécure avec son bébé ?

 “C’est le malheur de la mère et pas à cause de la mère“

 Il est compréhensible que certaines associations, auparavant engagées auprès de malades chroniques, aient rejeté la psychanalyse comme méthode de soin pour des enfants atteints de troubles cérébraux. À la même époque, les neurosciences ont fait d'importants progrès, notamment grâce aux financements des laboratoires de recherche.

 

L’épigénétique apporte des réponses nouvelles, dont les effets sont relativement faciles à comprendre, même si les détails scientifiques restent complexes.